lunedì 9 gennaio 2012

Mario Monti : «L'Europe n'a plus à avoir peur de l'Italie»

Par Richard Heuzé

Le Premier Ministre italien Mario Monti dans son bureau au Palais Chigi.
Le Premier Ministre italien Mario Monti dans son bureau au Palais Chigi. Crédits photo : ERIC VANDEVILLE/LE FIGARO/ERIC VANDEVILLE/LE FIGARO

INTERVIEW - Le président du Conseil italien se félicite du «flegme tout britannique» avec lequel ses compatriotes ont accepté des «mesures très lourdes» pour faire face à la crise et répondre aux exigences de Bruxelles.

Avant son déjeuner vendredi à Paris avec François Fillon, suivi d'entretiens avec Nicolas Sarkozy, l'économiste et ancien commissaire européen Mario Monti développe sa vision de l'Europe, dans sa première grande interview internationale depuis son investiture à la présidence du Conseil le 18 novembre dernier.

Le FIGARO.- À quoi attribuez-vous l'attaque massive et brutale des marchés contre l'économie italienne l'été dernier, alors que les indices économiques étaient plutôt bons?

Mario MONTI.- Nos «fondamentaux» sont effectivement bons, sinon très bons. L'Italie n'a pas connu le grand boom immobilier de l'Espagne ou le grand boom financier de l'Irlande qui se sont révélés très néfastes. Les ménages italiens ont un taux d'épargne réelle très élevé. Ils ont peu recours à l'endettement. Le secteur bancaire s'est tenu à l'écart des opérations financières très sophistiquées qui ont affecté le monde anglo-saxon. La crise de l'économie réelle a été moins grave que dans certains pays. Quant à l'endettement du secteur public, il reste contenu. Les marchés ont attaqué l'Italie vers la mi-2011, plus tard que dans d'autres pays. Deux raisons à cela: la majorité au pouvoir a remis en question sa politique d'austérité budgétaire après des élections régionales mauvaises pour elle en mai, ce qui a déstabilisé les marchés. En outre, le gouvernement précédent n'a pas voulu admettre la grave insuffisance de la croissance et négligé les politiques de libéralisation qui auraient remédié à cette carence. Vers juin-juillet, les agences ont lancé des mises en garde qui ont ouvert la voie aux attaques des marchés. L'Italie est pourtant mieux placée que l'Espagne concernant son déficit, même si sa dette (120% du PIB) est historiquement plus élevée. Bruxelles prévoyait en octobre un excédent «primaire» (qui exclut le service de la dette) égal à 4% du PIB en 2013. Après l'adoption de notre plan d'austérité en décembre, nous avons estimé que cet excédent atteindra au moins 5% du PIB, contre une moyenne européenne de 0,5%.

L'Europe peut-elle avoir encore peur de l'Italie au moment où la Grèce et Espagne connaissent de nouvelles difficultés?

L'Europe n'a plus aucune raison d'avoir peur de l'Italie. Nous disposons d'une matière première très rare en Europe, un consensus de fond de l'opinion publique en faveur de l'intégration européenne. J'ai été commissaire européen pendant dix ans. Le président de la République italienne est un Européen très convaincu. Nous avons mis l'Europe au cœur de nos préoccupations. Centrant notre action sur le respect des contraintes européennes que Silvio Berlusconi s'est trouvé obligé d'accepter dans une situation d'urgence, y compris le retour à l'équilibre budgétaire en 2013 que nous avons traduit en mesures concrètes. Aucune crainte donc. Les Italiens ont accepté avec un flegme presque britannique les mesures très lourdes qui leur étaient imposées. Ils ont fait preuve d'un sens des responsabilités admirable. Ne faisant que trois heures de grève. Ils ont compris que les contraintes européennes sont imposées pour les générations futures. Tous les analystes conviennent que l'Italie a fait son devoir.

Quelle contribution attendez-vous de l'Europe?

Au Conseil européen des 5 et 6 décembre à Bruxelles, je me suis battu pour que le Fonds de soutien aux dettes souveraines (le FESF) soit mis en œuvre rapidement et renforcé substantiellement. Son niveau actuel reste très insatisfaisant. Pour l'instant, l'Italie reste victime d'un risque «zone euro». Il faut éliminer ce risque. On m'a surnommé le plus allemand des économistes italiens. Mais comment faire une politique européenne de croissance sans enfreindre les politiques budgétaires de rigueur? Je suis intimement convaincu que l'Europe tout entière peut trouver des avantages considérables en termes de croissance dans une intégration réelle plus poussée. Les pays de l'eurozone se sont concentrés sur l'union monétaire en délaissant l'union économique. Cela impliquerait de créer un véritable marché ouvert, étendu à tous les secteurs. Souvent les pays de la zone euro sont moins avancés que ceux qui n'ont pas adopté la monnaie unique comme le Royaume-Uni, le Danemark et la Suède. Si l'Europe rattrape ce retard, elle obtiendra des gains de productivité considérables. José Manuel Barroso m'avait demandé un rapport sur ce sujet. Michel Barnier l'a traduit en projet de traité. L'enjeu est au moins aussi important que l'euro.

De quoi allez-vous discuter vendredi avec Nicolas Sarkozy?

Nos approches sur la gouvernance économique de l'Europe sont largement concordantes. Peut-être toutefois suis-je plus convaincu que la France de l'importance d'associer à cette construction européenne non seulement les pays ne faisant pas partie de la zone euro, mais aussi, autant que possible, le Royaume-Uni. J'ai assisté à la fracture qui s'est produite à Bruxelles sur les convergences budgétaires. L'Europe a bien fait de dire «non merci» aux conditions plutôt régressives que voulait imposer David Cameron, comme le vote à l'unanimité sur la régulation financière. Cela alourdirait et ralentirait le processus de décision. En contrepartie si, pour accepter un tel traité, le Royaume-Uni demandait, comme c'est dans l'ADN britannique, de prendre plus au sérieux le marché unique, exigence également très ressentie par les Scandinaves, je suis convaincu que l'Europe continentale aurait tout intérêt à l'accepter. Cela permettrait de faire progresser l'intégration européenne.

L'Italie a de tout temps été fortement allergique au «directoire» franco-allemand. Vous-même avez manifesté une forte contrariété. Comment devrait évoluer la concertation européenne?

L'harmonie franco-allemande est une condition strictement nécessaire au bon fonctionnement et au développement de l'Europe. Elle n'est pas suffisante. Deux pays sur 27, fussent-ils les deux plus grands, ne peuvent décider pour tous les autres. Je suis en faveur de l'approche communautaire, pas simplement par idéal, mais parce qu'elle évite les dérives de la méthode intergouvernementale dont nous avons fait l'expérience en 2003 lors de la discussion du pacte de stabilité. Je suis très sensible au fait que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel aient fait preuve d'ouverture vers l'Italie, lors de nos entretiens du 23 novembre à Strasbourg. J'apporterai toute la contribution de l'Italie, mais toujours en essayant de rendre minimales les géométries variables dans le processus communautaire.

Paris demande le renforcement des sanctions contre l'Iran. Êtes-vous d'accord?

Nous devons encourager un dialogue ouvert et transparent avec l'Iran. Si cela s'avérait impossible et si l'Iran persistait dans sa politique d'armement nucléaire, l'Italie serait prête à participer à toute nouvelle sanction imposée par l'Europe. L'Italie importe 13% de son brut d'Iran, la France 3%. Un embargo sur le pétrole est envisageable à condition qu'il reste graduel et qu'en soient exclues les livraisons qui servent à rembourser le milliard d'euros de dettes que l'Iran a contracté envers notre compagnie nationale ENI.

EDF a pris en décembre le contrôle d'Edison, le n°3 italien de l'énergie, grâce à la médiation active du gouvernement italien. La défense à tous crins de l'«italianité» prônée par votre prédécesseur est-elle révolue?

Nous nous sentons très européens. Nous estimons que tout l'espace européen doit être ouvert à toutes les entreprises européennes, sans restriction de nationalité.

«Je reçois un soutien considérable de Silvio Berlusconi»

LE FIGARO. - Comment expliquez-vous le soutien massif que vous avez reçu des forces politiques?

Mario MONTI. - Les partis ont pris la mesure de la situation financière dramatique dans laquelle se trouvait le pays. L'animosité entre les deux pôles avait atteint des niveaux insoutenables. Le fossé se creusait entre eux et l'opinion publique. Il leur devenait impossible d'adopter les mesures structurelles nécessaires pour lutter contre le déficit et favoriser le retour à la croissance.

Pourquoi pensez-vous qu'ils ont accepté la nomination d'un gouvernement «technique», une nouveauté pour l'Italie?

Ils ont fait preuve de grande responsabilité en suivant les orientations du président de la République, Giorgio Napolitano, qui souhaitait apaiser le climat. Mon «gouvernement d'engagement national» ne peut vivre que s'il est soutenu par une large majorité. Tous les partis lui ont accordé leur confiance à la mi-novembre et, ce qui était moins évident, tous sauf deux ont voté juste avant Noël des mesures très impopulaires. Je leur rends hommage. Ils ne sont pas sortis de scène. Je les consulte. Je discute avec eux. Ils restent des protagonistes.

Silvio Berlusconi menace régulièrement de retourner aux urnes si vous ne tenez pas compte de ses indications.

Aucun parti, même le sien, ne peut se plaindre de n'être pas consulté. C'est mon souhait, mon intérêt, ma pratique courante. J'aurais même été heureux que certains ministres de mon gouvernement soient l'expression de ces partis. Ils ont préféré ne pas en faire partie. Je respecte leur choix. N'étant lié ni à la droite, ni au centre, ni à la gauche, nous écoutons toutes leurs propositions, même les plus exigeantes. Y compris celles des syndicats. Cela dit, consulter n'est pas décider. Il nous appartient de faire la synthèse.

Craignez-vous que Silvio Berlusconi fasse tomber votre gouvernement?

Je n'ai pas cette crainte. Mon gouvernement peut tomber demain. Nous ne sommes pas ici pour survivre, mais pour accomplir un bon travail. Je ne suis pas sûr toutefois que l'un ou l'autre des partis prendrait d'un cœur léger une telle décision devant les électeurs.

De mon prédécesseur Silvio Berlusconi que je rencontre souvent, je reçois un soutien considérable. Il faut comprendre aussi son état d'esprit: il a remporté trois élections démocratiques, a gouverné pendant neuf ans et a accepté le changement sans avoir été désavoué par les électeurs ni au sein de son parti. Aux partis, je dis que j'ai deux objectifs: remettre sur pied et en marche l'économie italienne et favoriser une réconciliation entre les forces politiques et l'opinion publique.

Vous aviez 80% de consensus lors de votre investiture et vous êtes encore largement au-dessus de 50%. N'êtes-vous pas surpris?

Tout à fait. Je n'ai vraiment rien fait pour le mériter. Bien au contraire, ma cote de popularité devrait être voisine de zéro, étant donné la rigueur des sacrifices que je demande aux Italiens.

http://www.lefigaro.fr/international/2012/01/04/01003-20120104ARTFIG00541-mario-monti-l-europe-n-a-plus-a-avoir-peur-de-l-italie.php

Le fisc italien fête Noël à Cortina d'Ampezzo

LEMONDE | 06.01.12 | 14h30 • Mis à jour le 06.01.12 | 19h18

Le contrôle fiscal ignore la trêve des confiseurs.Le 30 décembre 2011, 80 inspecteurs du fisc - dont certains ont poussé la conscience professionnelle jusqu'à se déguiseren vendeurs de magasin ou en serveurs d'hôtel - ont effectué une descente dans l'une des stations de ski les plus huppées des Dolomites,Cortina d'Ampezzo.
"La saison est encore longue", s'est félicité, jeudi 5 janvier, un haut responsable de l'agence de contrôle fiscal, Luigi Magistro, qui promet de nouveaux contrôles dans les stations. Sous le contrôle vigilant des "flammes jaunes", nom donné de la gendarmerie financière, les propriétaires et gérants des bars, restaurants et autres magasins de luxe de Cortina d'Ampezzo se sont soudain rappelés des usages et ont remis à leurs clients, et sans qu'ils le demandent, des tickets de caisse. Une pratique encore intermittente en Italie où, chaque année, près de 120 milliards d'euros échappent au fisc.

Le résultat est miraculeux. Par rapport au même jour de l'année précédente, la recette officielle a bondi de 300 % dans les restaurants, de 104 % dans les bars, et de 400 % dans les boutiques. "C'est bien la preuve que nous ne portons pas tort au commerce", a commenté, pince-sans-rire, Attilio Befera, responsable des impôts.

Les inspecteurs du fisc ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Ils ont aussi relevé les plaques d'immatriculation de 133 véhicules de luxe pour contrôler si le train de vie de leurs propriétaires correspondait à leurs déclarations d'impôts. Surprise ! Quarante-deux d'entre eux appartiennent à des particuliers déclarant moins de 30 000 euros brut annuels...

La pratique est courante. 590 000 véhicules entre 185 et 249 chevaux circulent en Italie. Dont 188 000 sont la propriété de contribuables déclarant moins de 20 000 euros. De même, seuls 14 % des 42 000 bateaux de plus de dix mètres appartiennent à des personnes déclarant plus de 100 000 euros. Et 604 des 2 000 avions et hélicoptères privés de la Péninsule sont au nom de contribuables qui perçoivent entre 20 000 et 50 000 euros !

Largement médiatisée, l'opération "Noël à Cortina" est présentée comme la preuve irréfutable que le gouvernement luttera contre la fraude et l'évasion fiscale. Mais les aubergistes des Dolomites l'ont mauvaise. "On porte atteinte au tourisme", se plaint le président de leur fédération. Le maire de la commune dénonce "un Etat policier".

Contrairement à ce que déclarait Mario Monti dans Le Figaro, jeudi, tous les Italiens ne prennent pas les mesures de rigueur avec un "flegme britannique".

Philippe Ridet (Rome, correspondant)
http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/01/06/le-fisc-italien-fete-noel-a-cortina-d-ampezzo_1626674_3234.html

Monti Shifts Emphasis in Italy to Growth

ROME — Ahead of a series of critical meetings with European leaders, Prime Minister Mario Monti has pledged to introduce measures to revive Italy’s long-dormant economy but is also raising pressure on Europe to shore up the single currency against continued speculative attacks.

In an interview on national televisionon Sunday, Mr. Monti said he would unveil a package of growth-enhancing measures — in particular, loosening professional guilds and changing labor laws to encourage hiring and firing — at a meeting of European Union finance ministers on Jan. 23.

“We want to create more space for competition and merit in varying sectors,” he said in an interview on the state-owned Rai national broadcaster. “That involves reducing protection and the different ways that industry sectors, in Italy more than in other countries, try to create advantages for those who are inside the fortress to the detriment of those who are outside.”

Italy is facing the twin, and in some respects conflicting, imperatives of lifting growth while reducing its public debt, which is at 120 percent of gross domestic product, the highest in the euro zone after Greece.

Mr. Monti said that his government of unelected technocrats was determined to force various entrenched interests — from labor unions to professional guilds to public employees — to give up their privileges, and that it was uniquely qualified to push through the changes because it had no natural constituency to protect.

“Traditionally, one political party chooses to protect a category, and another political party another category, but a weird government like the one I have the honor to lead, is not part of these political geometries,” Mr. Monti said. He added that the government could ask Italians “to disarm the privileges that, in the short term, give everybody a sense of security, but that, in the long run, could sink Italy’s ship.”

Since he replaced Prime Minister Silvio Berlusconi amid market turmoil in November, Mr. Monti has sought to restore international confidence in Italy and raise its profile in Europe, after years when Mr. Berlusconi was not taken seriously by his peers.

But even regime change — and a $40 billion package of austerity measures, including tax hikes and a sweeping pension overhaul — has not calmed markets. On Monday, the differential in yields between Italian and German sovereign debt rose to more than 5 percentage points, before dropping slightly, a sign of a lack of investor confidence in Italy and, perhaps, in the euro zone leadership.

Certainly, Italian officials do not believe they can or should be expected to solve their problems entirely on their own. In an interview with the daily Corriere della Sera on Sunday, Italy’s new minister for economic development, infrastructure and transport, Corrado Passera, said that unless Europe came to an agreement on how to shore up the single currency — such as by allowing the European Central Bank to become a lender of last resort like the Federal Reserve in the United States, a move Germany staunchly opposes — the crisis will continue.

“Either Europe should decide to give itself the tools that every currency has, meaning a central bank able to guarantee liquidity and stability, or there won’t be any growth, there won’t be any employment,” Mr. Passera said.

Mr. Monti’s television interview was part of a publicity blitz ahead of a scheduled meeting in Berlin on Wednesday with Chancellor Angela Merkel of Germany. Last week, Mr. Monti met with France’s President, Nikolas Sarkozy, in Paris and later this month he is expected to meet with Prime Minister David Cameron of Britain.

But although Mr. Monti has won over many Italians with his steady hand and flashes of wry irony, he faces continued resistance from the political parties that are nominally supporting his government but are eager to capitalize on rising popular discontent about new tax hikes and an immediate raise in the retirement age.

Mr. Monti must also carry out a delicate balancing act. With the clock ticking before the austerity measures plunge Italy into a deeperrecession, and with the unemployment rate rising and businesses warning of a credit crunch, he must convince Europe that Italy is committed to structural changes — and convince entrenched Italian interest groups that if they resist those changes, the entire euro zone runs the risk of collapse.

“Up to now, Monti has done something important — the pension reform was important. But he hasn’t yet done a lot on the policies for growth and this is the challenge that awaits him now,” said Tito Boeri, a professor of economics at Milan’s Bocconi University, where Mr. Monti was rector until becoming prime minister.

“There’s still awareness in the political class that the situation is really difficult and no one today can allow itself to bring down the Monti government,” Mr. Boeri added. But he said the “the biggest risk” is that the government stays afloat, “but he isn’t able to do too many things.”

Mr. Monti and his ministers have said that Italy will move ahead with liberalizations in the gas, energy, commerce and transport sectors, as well as loosening restrictions on the country’s myriad guilds — for lawyers, notaries, pharmacists, taxi drivers, among many other professions — that are the gatekeepers to the Italian job market.

Those reforms are expected meet with the howling resistance not only of labor unions but of entrenched parts of the Italian ruling class.

Both labor unions and business leaders are calling on the government to inject liquidity into the Italian economy to prevent a credit crunch from worsening.

Fulvio Fammoni, the secretary of the Cgil, Italy’s largest labor union, said that the government should focus on creating jobs, not on reducing protections for workers and cutting back unemployment benefits. “In Italy the problem isn’t firing, it’s in preserving jobs,” he said.

But even as the government negotiates structural changes, including to labor laws, there are other worrisome signs in the Italian economy. Since last week, shares in one of Italy’s largest banks, Unicredit, have dropped more than 37 percent, prompting fears of a shakeup in Italy’s banking system, which has so far weathered the debt crisis storm. Unicredit holds more than $52 billion in Italian sovereign debt.

Business leaders are calling on the government to help rein in Italy’s public debt by liberalizing local authorities and other sectors to help raise growth, so that businesses will not be strangled by Italy’s copious red tape and lack of credit.

Gaia Pianigiani contributed reporting.

Did Monti give them a raw deal?


Italy's budget

WELL, the markets liked it. Today, after Italy’s new prime minister, Mario Monti, outlined a three-year package of fiscal adjustments worth €30 billion ($40 billion), the Milan bourse took wing. Shares closed almost 3% up on the day, by far the best performance among the bigger European stock exchanges.

More significantly, perhaps, the yield on Italian sovereign bonds plunged. The spread over safe-haven German debt securities fell below 400 basis points for the first time in more than a month.

The markets’ reaction to Mr Monti's announcement made for an encouraging start to a decisive week for the euro, and indeed the European Union itself. The package has unquestionably put Italy in a stronger position to face the capital markets next year, when more than €300 billion of its €1.9 trillion debt will need to be refinanced.

It contained yet another raft of austerity measures to add to the many already loaded on to Italians by Silvio Berlusconi's government. But Mr Monti also (and for the first time) signalled that he was serious about promoting growth in sluggish Italy. Fully €10 billion of the savings are to be reinvested with this aim. The package includes a tax break aimed at encouraging firms to expand their workforces, a liberalisation of shop opening hours and measures to promote infrastructure development.

Not that results are expected any time soon. Mr Monti’s deputy finance minister, Vittorio Grilli (Mr Monti is serving as his own finance minister), said that the government was pencilling in a fall in GDP of up to 0.5% next year, with the outlook flat for 2013.

That, and the risk (noted by Mr Monti) that Italy could go way the way of Greece, will make it harder for Italians to protest at the steps taken by the government. Even so, the draft budget, which was approved in an emergency cabinet session yesterday, arrived in parliament amid widespread dissatisfaction.

There were two main criticisms. Economists and commentators were almost united in decrying the package's heavy reliance on tax increases— €17-18 billion of the total, according to Mr Grilli. The same criticism was repeatedly levelled at measures introduced by the last government under Mr Berlusconi.

A property tax on first houses—a levy abolished by Mr Berlusconi—is to be reintroduced; capital repatriated under a 2009 amnesty is to be taxed for a second time (a questionably retrospective measure); there are proposed new levies on private aircraft and luxury cars and higher excise on petrol. Just to be sure, the government has tucked up its sleeve the possibility of a 2% rise in value-added tax next September.

The cuts are more timid: the scrapping of a few public bodies and the reduction (but not abolition) of the provincial administrations, with the rest of the savings foisted on to regional governments in a manner also reminiscent of Mr Berlusconi’s approach.

Though they will not be immediate, significant savings will come from the budget’s shake-up of pensions. But that is also a reason for the second main criticism of the package: that, despite Mr Monti’s promises of fairness, too much is being loaded on to the poor. It worried not only the trade unions and the centre-left, but also the Catholic church. A representative of the Italian Bishops’ Conference said the budget “could have been fairer”.

The government has, in effect, abolished Italy’s unique years-in-work system of calculating pensionable age so that, from the beginning of next year, women will be unable to retire before the age of 62 and men before the age of 66. That may not stir much sympathy for Italians in the rest of Europe, where retirement ages are already mostly higher.

But for existing pensioners the budget held a genuinely nasty surprise: only the minimum pensions will be protected from inflation next year. The effect that could have on some of the most vulnerable members of Italian society was acknowledged in dramatic fashion at a press conference when the welfare minister, Elsa Fornero, was overcome by emotion as she announced the decision.

The budget did not include a one-off wealth tax. Nor did it raise the top rate of income tax. But that was because of pressure from Mr Berlusconi’s party. It still has the power to bring down Mr Monti’s new, "technocratic" government in the Senate. And the budget, though endorsed by the cabinet, has yet to be approved in parliament.

Dec 5th 2011, 17:50 by J.H. | ROME


The big hitters of 2011 Daily chart


Our most popular print edition articles of the year
Dec 25th 2011, 1:01 by The Economist online

WE PRESENT an interactive "tree map" of top stories from the 2011 print edition, in which the size of each box represents relative popularity (measured in page views).
The failing economies of America and Europe stand out here, a grim reflection of the prevailing tale of 2011. Deposed leaders also feature: Silvio Berlusconi wins top spot; the death of Osama Bin Laden also proved popular. Colonel Qaddafi's capture just failed make the cut, however. In fact, our extensive coverage of the Arab spring is absent from the list. This year, it seems, readers were more interested in economic collapse than in the fall of dictators. In the long-run, the latter will hopefully prove to have been the more important theme of 2011.
  1. 1."The man who screwed an entire country"Silvio Berlusconi's recordJun 9th
  2. 2."Asia's lonely hearts"The decline of Asian marriageAug 20th
  3. 3."Is this really the end?"The euro zoneNov 26th
  4. 4."Shame on them"America's debtJul 7th
  5. 5."Osama Bin Laden"ObituaryMay 5th
  6. 6."Be afraid"The world economyOct 1st
  7. 7."On the edge"Italy and
    the euroNov 24th
  8. 9."What's wrong with America's economy?"Angst in
    the USApr 28th
  9. 8."Time for
    a double
    dip"
    America's economyAug 6th
  10. 10."Europe's rescue plan"Economic crisisOct 29th

Note: This graphic concentrates purely on articles from The Economist print edition. Other online content that would otherwise have made this year's list includes:

Kal's Cartoon, Which MBA, Daily charts: "US equivalents" & "Drinking habits", and theEconomist Quiz on Facebook.

http://www.economist.com/blogs/dailychart/2011/11/top-ten-stories